Une douleur brutale dans le bas-ventre gauche, de la fièvre et un transit perturbé : la crise de diverticulite se manifeste souvent de façon nette. La question qui suit immédiatement porte sur les examens à réaliser, leur ordre et leur utilité réelle. Le parcours diagnostique a sensiblement évolué ces dernières années, avec une approche plus sélective des explorations selon la gravité de l’épisode.
Scanner abdomino-pelvien : l’examen de référence en phase aiguë de diverticulite
Le scanner abdomino-pelvien avec injection de produit de contraste est recommandé en première intention devant une suspicion de crise de diverticulite aiguë. C’est le seul examen qui combine une bonne sensibilité et une bonne spécificité pour confirmer le diagnostic et, surtout, pour rechercher des complications locales.
Concrètement, le scanner permet de visualiser l’épaississement de la paroi colique, l’infiltration de la graisse péricolique et la présence éventuelle d’un abcès, d’une perforation ou d’une fistule. Le scanner classe la gravité selon le score de Hinchey, un système qui distingue les formes simples des formes compliquées (abcès péri-colique, abcès pelvien, péritonite purulente, péritonite stercorale).
Cette classification conditionne directement la suite de la prise en charge : traitement ambulatoire, drainage radiologique ou chirurgie. Sans scanner, le médecin ne peut pas évaluer le stade de la diverticulite de manière fiable.

L’échographie abdominale, une alternative partielle
L’échographie abdominale est de plus en plus mentionnée dans les parcours de soins comme option de première ligne chez certains patients. Elle peut montrer un épaississement pariétal et une inflammation péri-colique, avec l’avantage d’être non irradiante et rapidement accessible.
En revanche, l’échographie seule ne remplace pas le scanner pour détecter les complications. Les recommandations actuelles la positionnent comme un outil de tri, utile pour orienter vers le scanner si les images sont évocatrices, mais insuffisante en cas de doute diagnostique ou de suspicion de forme compliquée.
Coloscopie après une crise de diverticulite : quand et pourquoi la différer
Un point sur lequel les recommandations sont catégoriques : la coloscopie ne doit pas être réalisée pendant la phase aiguë. L’inflammation rend le côlon fragile, et l’insufflation d’air pendant l’examen augmente le risque de perforation. L’exploration n’apporte d’ailleurs pas la même valeur clinique qu’une fois l’épisode résolu.
Le délai habituellement retenu est de plusieurs semaines après la résolution complète des symptômes. La coloscopie intervient alors dans un autre objectif : vérifier l’état de la muqueuse colique et exclure un cancer colorectal ou une autre pathologie qui aurait pu mimer une diverticulite.
Coloscopie systématique ou personnalisée après diverticulite
La tendance actuelle est à une approche plus sélective qu’auparavant. Après une diverticulite compliquée (abcès, perforation, fistule), la coloscopie de contrôle reste recommandée. Le risque de découverte d’une lésion néoplasique est plus élevé dans ces formes.
Après une diverticulite non compliquée, confirmée par scanner, la coloscopie n’est plus considérée comme systématique. Elle reste indiquée dans les situations suivantes :
- Présence de signes d’alarme persistants après l’épisode aigu (saignement rectal, amaigrissement, anémie)
- Dépistage du cancer colorectal non à jour, en fonction de l’âge du patient et de ses antécédents familiaux
- Premier épisode de diverticulite chez un patient jeune, pour lequel le diagnostic différentiel avec une maladie inflammatoire chronique de l’intestin mérite d’être tranché
Cette personnalisation évite des examens inutiles et concentre les ressources sur les patients qui en tirent un bénéfice réel.
Déroulement concret des examens : ce que le patient peut anticiper
Le scanner abdomino-pelvien dure une dizaine de minutes. L’injection de produit de contraste iodé nécessite une vérification préalable de la fonction rénale (créatinine sanguine). Le patient est allongé, le plus souvent à jeun. Les résultats sont généralement disponibles dans l’heure aux urgences, ce qui permet une décision rapide sur la suite de la prise en charge.
Pour la coloscopie, réalisée à distance de la crise, une préparation colique est nécessaire (régime sans résidus puis ingestion d’une solution laxative la veille). L’examen se fait sous sédation ou anesthésie générale courte. Le gastro-entérologue explore l’ensemble du côlon et peut réaliser des biopsies si une anomalie est repérée.

Biologie et examens complémentaires en phase aiguë
En parallèle du scanner, un bilan biologique est prescrit. Il comprend au minimum :
- La numération formule sanguine (NFS), qui recherche une hyperleucocytose témoignant de l’infection
- La CRP (protéine C-réactive), marqueur d’inflammation dont le niveau aide à évaluer la sévérité de l’épisode
- La créatinine, pour vérifier la fonction rénale avant toute injection de produit de contraste au scanner
Ces résultats, croisés avec l’imagerie, permettent au médecin de décider entre un traitement ambulatoire (retour à domicile avec surveillance) et une hospitalisation.
Traitement ambulatoire ou hospitalisation : ce que révèlent les examens
Les recommandations actuelles orientent vers un traitement ambulatoire pour la diverticulite aiguë non compliquée, chez un patient sans comorbidité significative et dans un contexte social favorable. Le scanner joue ici un rôle décisif : c’est lui qui confirme l’absence de complication et rend possible le retour à domicile.
Autre évolution notable : l’antibiothérapie n’est plus systématique dans les formes non compliquées confirmées au scanner, en l’absence de signes de gravité, d’immunodépression ou de grossesse. Un traitement symptomatique (antalgiques, repos digestif relatif) suffit dans la majorité des cas. Ce changement, issu des recommandations de la HAS, repose sur des études montrant que l’évolution est comparable avec ou sans antibiotiques dans ces situations précises.
En cas de diverticulite compliquée, le scanner guide la stratégie : drainage percutané d’un abcès sous contrôle radiologique, ou chirurgie en urgence pour les péritonites. La classification de Hinchey, établie grâce au scanner, reste la référence pour orienter ces décisions.
Le parcours diagnostique d’une crise de diverticulite repose sur un scanner rapide en phase aiguë et, le cas échéant, une coloscopie différée et ciblée. La tendance est à moins d’examens systématiques, mais à des explorations mieux adaptées au profil de chaque patient. Cette approche réduit les interventions inutiles sans compromettre la détection des complications ou des pathologies associées.

